Le tiers monde peut se nourrir



1984

René Lenoir
Fayard
ISBN 2-213-01385-3

Le génie technicien a permis d’endiguer des fleuves, de percer des montagnes, de faire fleurir des déserts, d’envoyer des hommes sur la lune. Le génie politique ne permet pas de nourrir 500 millions d’affamés. Défi majeur pour notre science et notre conscience.

René Lenoir se méfie des mots magiques: développer, investir, former, etc., et plus encore du terme “aider”. Les pays du Tiers Monde, dit-il, peuvent se nourrir eux-mêmes s’ils prennent appui sur leur richesse culturelle et leur force de travail inemployée. Il nous parle des hommes et de ce qui les mobilise plutôt que d’engrais et de barrages.

Il nous fait vivre au niveau des villages et montre que dans les communautés de base, accumulation du capital et accumulation intellectuelle vont de pair et sont le moteur du vrai développement. Cette approche concrète, qui bouscule les façons habituelles d’évoquer la faim dans le monde, fait l’originalité profonde de ce rapport au Club de Rome.